Tu fuis et je reste immobile
Ecrit par Kalina, le vendredi 26 septembre 2008 à 00:17
Le temps n'a pas toujours une égale valeur,
Tu fuis et je reste immobile,
Je t'attends ; cela met quelque chose en mon cœur
De douloureux et de fragile !
J'entame avec l'instant un infime combat
Que départage le silence.
L'heure, qui tout d'abord semblait me parler bas,
Frappe soudain à coups de lance.
Elle semble savoir, et garder son secret,
Le destin se confie à elle ;
On ne pénètre pas dans cette ample forêt
Où rien n'est promis ni fidèle !
— Puisque la passion, en son sauvage galop,
Gaspille sa richesse amère,
Révérons ces instants de la vie éphémère
Dont chacun te semble si souvent de trop ! —
Attendre : épuisement déchirant de l'espérance,
Tentatives vers le hasard,
Douleur qui se prolonge, indécise souffrance
De savoir quand il sera tant de n'être plus trop tard !
Impatience juste, exigeante et soumise,
À qui manque, pour bien lutter,
Le pouvoir défendu de refaire à sa guise
L'univers puissant et passionné !
— Certes, mon cœur ne te fait aucun reproche
Des minutes que tu perds ;
Tu me sais, tu me sauras, vivante, active, présente et proche,
Moi, cependant, je t'attendrai, autant que je t'espère !
Sans doute la démente et soudaine tristesse
Qui se mêle aux jeux éperdus
Est le profond sanglot refoulé que nous laisse
La douleur et la peur d'avoir tant attendu...
A.N.
lesprunelles@gmail.com